KONGO BOLOLO – Une vision en musique de l'histoire de la Rép. Dem. du Congo
L'album « Kongo Bololo » est inspiré voire tire toute sa substance d'un personnage qui est une figure emblématique de la lutte que l'Afrique mène pour sa libération et son indépendance; personnage qui, est aussi le symbole de la permanente oppression que les africains continuent de subir: Patrice Lumumba.
Patrice Lumumba est assassiné dans des conditions effroyables en janvier 1961 au Katanga pour avoir, si on voulait résumer, voulu défendre les intérêts de son peuple et de l'Afrique en général en s'interposant face aux ambitions prédatrices et colonisatrices des puissances européennes et leurs affidés africains. Il reste l'artisan de l'indépendance (même galvaudée) du Congo.
47 ans après la mort de Patrice Lumumba, peu de choses ont changé dans ce pays : corruption, guerres civiles et dictature restent des constantes de la vie au Congo. Et quant au pillage des richesses, il demeure le quotidien de la vie politique congolaise car entre autre, un habitant d' Europe centrale a besoin de 40 kg de ressources naturelles (bois de la forêt tropicale, uranium, pétrole, gaz naturel, or, diamant, etc) pour maintenir son niveau de vie journalier et ceci il ne l'a que grâce au pillage organisé des ressources naturelles que regorgent les sols et sous-sols congolais.
Depuis quelques temps, avec le développement de la téléphonie et de toute l'industrie de la communication et de l'audio-visuel, une autre ressource vient alourdir le climat des conflits en république du Congo. C'est le coltan. Le colombo-tantalitte est aujourd'hui la convoitise de toutes les industries de communication. En effet, un rapport d'experts présenté en 2001 au Conseil de sécurité de l'ONU dénonce les grandes quantités de ce minerai illégalement extraites du sol de la République démocratique du Congo. Ces exploitations minières illégales encouragent le maintien d'armées étrangères au Congo et des dictateurs, et mettent en péril l'écosystème forestier de la région en fragilisant la démocratie et l'épanouissement du peuple.
Le coltan est surtout utilisé en électronique dans la fabrication de condensateurs mais aussi, dans l'aéronautique et particulièrement la fabrication des réacteurs. On l'utilise également comme revêtement, dans les échangeurs de chaleurs, et dans des alliages pour les outils de coupe ou de tournage. On le retrouve particulièrement dans les téléphones mobiles.
KONGO BOLOLO – Le groupe de Rap Lopango Ya Banka
En Lingala, la langue nationale du Congo, Lopango Ya Banka signifie « terre des ancêtres ». C'est cette expression que le groupe de jeunes kinois a choisi pour représenter le nom de leur groupe rap, crée il y'a 11 ans maintenant en Allemagne.
Lopango Ya Banka est un groupe dont les membres sont ouverts au monde de par leurs parcours. Nés à Kinshasa et grandis en Allemagne puis en France, ils ont toujours cependant gardé un contact fusionnel avec leurs origines, le pays de leurs parents et de leurs ancêtres. Ce rapport, cette fusion qu'ils traduisent aujourd'hui en musique.
Buza et Mangenge, fondateurs de Lopango Ya Banka sont partis du Congo sous la dictature de Joseph Désiré Mobutu en caréssant le doux rêve de connaître une vie meilleure en Occident. Mais ils connaîtrons plutôt les camps de réfugiés, des foyers de demandeurs d'asile et surtout le négation de ce qu'ils sont dès leur arrivée en Occident. Tous ces obstacles n'ont surtout pas suffi à épuiser leur engagement social. Ils fondent l'association EZIBELI e.V., pour l'intégration des jeunes Congolais ayant connus le même sort en Allemagne et choississent d'enseigner le Lingala à ceux des déracinés.
KONGO BOLOLO – Le premier Album de Rap en Lingala
Après s'être investis dans des projets comme Brothers Keepers ou H4P, les fondateurs de Lopango Ya Banka reviennent vers leurs origines musicales, leur essence tout court. Une évidence ? Oui ! Cela vaut toujours la peine de voir – comme on le dit souvent – plus loin que le bout de son nez.
Lopango Ya Banka allie les « fat beats » du hip-hop à la « rumba congolaise », la musique du Congo, leur pays d'origine, pour former un mélange novateur. Buza, Mangenge, Nkozi et Nkoy, les rappeurs du groupe, rappent et chantent en Lingala, Tshiluba et Kikongo.
Cet album n'est uniquement pas que de la musique mais porte l'espoir de 66 millions de Congolais en attente d'un avenir radieux. Lopango Ya Banka est un appel, un hymne, une ode au travail, à l'union. Où qu'il soit, le congolais, en écoutant Lopango Ya Banka, doit se sentir investi d'une mission pour son pays, pour son peuple.
Le titre de l'album, « Kongo Bololo », peut vraiment être compris comme tel : le Congo est amer ! En s'inspirant du « Bololo », un médicament naturel au goût amer contre le mal de ventre, Lopango Ya Banka veut constituer une métaphore africaine : « Nos textes sont certes amers, mais ils sont aussi très bénéfiques. Leur vérité purifie de l'intérieur. »
Les sujets de Lopango Ya Banka sont soigneusement sélectionnés et ils témoignent de tous les aspects de la situation actuelle de ce pays.
La chanson « Mpo na Kongo » (en français : « Levons-nous pour le Congo ») encourage la jeune génération à contribuer activement au développement du Congo.
« Bifuku Mitano » est un hommage aux 5 millions de personnes mortes pendant la guerre civile et les conflits mis en scène au Congo depuis 1997.
Lopango Ya Banka évoque également les fausses religions, les enfants de la rue, l'assimilation, et veut amener ces problèmes sur le devant de la scène afin qu'ils soient soumis au crible d'une raison qui parle pour une humanité meilleure.
« Moto to Mbwa » résume le message de Lopango Ya Banka : « Les Congolais sont des êtres humains, pas des bêtes. Et nous considérons qu'il est de notre devoir de mettre cela au point publiquement » pour essayer de stopper la dynamique de mort qui rôde et extermine tous les jours de milliers de nos concitoyens.
« Loyembo la Lokumu » Lopango Ya Banka écrit et chante la 1ère version de l'hymne national du Congo en Lingala, l'une des langues nationales du pays car dans la majorité des pays africains, l'hymne national est chanté dans la langue des anciens colons.
Lopango Ya Banka se sert aussi de fragments de musique (en Anglais: skit) pour expliquer leur point de vue sur le passé, le présent et le futur du Congo.
« Lumumba 1 Skit und Lumumba 2 Skit » extraits de discours originaux de Patrice Lumumba sur la liberté et l'indépendance du peuple congolais et de tout le continent africain.
« Mama Landu Skit » est un extrait d'une interview originale accordée par Marie-Thérèse Landu qui explique le complot international dans le génocide congolais. Marie-Thérèse Landu était candidate à la dernière élection présidentielle. Elle a vécu un emprisonnement injuste pour une prétendue « prise de commandement à la tête d'un mouvement insurrectionnel ».
« Ne Muanda Nsemi Skit » est un extrait original d'une interview de Ne Muanda Nsemi qui réclame plus de démocratie tel que le droit de grève et la liberté d'expression pour les citoyens. Ne Muanda Nsemi est député national et chef spirituel du mouvement politico-religieux « Bundu Dia Kongo (BDK) ».
En somme, on peut dire que Lopanga Ya Banka est porté vers le futur et comme à son époque l'a fait Lumumba, essaie de jeter les contours d'un Congo meilleur et d'une Afrique conquérante.





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